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Traçabilité du poisson: le groupe Metro avance sa solution.

sustainability-fish183.000 tonnes de poissons vendus l’an dernier en Europe, un chiffre d’affaires généré de 1,2 milliard d’euros, jusqu’à 800 références disponibles … le groupe Metro fait figure de leader européen de la distribution des produits de la mer.

Par la voix de Britta Gallus, son chargé des affaires réglementaires, le distributeur  est venu témoigner le 19 octobre, lors du forum GS1 In Europe, de son engagement en faveur d’une dissémination rapide des systèmes de traçabilité interopérable (EPCIS). En particulier, et en premier lieu,  en ce qui concerne la chaîne d’approvisionnement des produits de la mer.  Retour sur cette présentation.

De l’art de transformer une contrainte réglementaire…

Amandé par le règlement européen n°1224/2009, le régime communautaire de contrôle de la Politique Commune de la Pêche, engage les acteurs de la filière à ce que la « traçabilité de tous les lots de produits de la pêche et de l’aquaculture soit assurée à tous les stades de la production, de la transformation et de la distribution, depuis la capture ou la récolte jusqu’au stade de la vente au détail » (extrait de l’article 58 du règlement CE 1224/2009).

Outre cette obligation, de nouvelles dispositions en matière d’étiquetage et d’information sur les produits de la mer sont édictées. Ces dispositions exigent de l’exploitant qu’il puisse mettre à disposition des autorités compétentes – lorsqu’elles en font la demande – à minima l’ensemble des informations suivantes :

  • le numéro d’identification de chaque lot;
  • le numéro d’identification externe et le nom du navire de pêche ou le nom de l’unité de production aquacole;
  • le code alpha 3 de la FAO de chaque espèce;
  • la date des captures ou la date de production;
  • les quantités de chaque espèce en kilogrammes exprimées en poids net ou, le cas échéant, le nombre d’individus;
  • le nom et l’adresse des fournisseurs;
  • les informations destinées aux consommateurs et prévues à l’article 8 du règlement (CE) no 2065/2001: la dénomination commerciale, le nom scientifique, la zone géographique concernée et la méthode de production;
  • les informations précisant si les produits de la pêche ont été congelés au préalable.

Le moyen de communication de ces informations est laissé à la discrétion de l’opérateur, « par un moyen d’identification du type code, code-barres, puce électronique ou dispositif semblable, ou par un système de marquage. » (Extrait de l’article 67 du règlement d’exécution UE n°404/201).

…en opportunité d’affaire 

Applicable depuis le 1er janvier 2013 aux espèces soumises à un plan pluriannuel de reconstitution, et généralisable à l’ensemble des espèces à horizon 2015, ces obligations réglementaires nouvelles peuvent apparaître comme une contrainte supplémentaire pour l’ensemble des opérateurs de la filière, grossistes et distributeurs inclus.

Pourtant, elles recèlent également leur lot d’opportunités business. La traçabilité requise par le règlement communautaire exige que les informations de traçabilité soient disponibles « jusqu’au stade de la vente au détail ». De ce fait, les informations dont doivent disposer les distributeurs  constituent un contenu à haute valeur ajoutée pour le consommateur : provenance du lot, mention du lieu précis de capture, date de pêche, type du navire et méthode de pêche pratiquée. Ainsi, l’essentiel ce qui a trait au produit, à sa fraicheur et à sa qualité pourrait lui être restitué sous une forme (affichage en rayon ?), ou sous une autre (application Smartphone, etc.). Ce niveau de transparence est tout à fait inédit. Il autorise bien des formes nouvelles d’engagement client, de communication, de positionnement de l’offre ou de label qualité ! Bref, on se doute que cela aura une influence importante dans le jeu concurrentiel des distributeurs dans cette filière.

Déjà, le distributeur suédois Fiskelyckan, spécialisé dans la vente au détail de produits de la mer, a démontré les gains induits par la traçabilité… en matière de chiffre d’affaire ! Grâce à un système de traçabilité mis en œuvre dans le cadre du projet européen eTrace, le distributeur a pu étiqueter des barquettes de filet de cabillaud avec l’historique détaillé et géo-localisé de chaque poisson, depuis le lieu de pêche jusqu’à sa mise en rayon. Résultat, une augmentation des ventes de plus de 30% sur ces produits!

Un standard pour industrialiser les applications de traçabilité

Fort de ce retour d’expérience, le distributeur Metro entend bien généraliser le concept… pour son propre compte. Et c’est au passage à l’échelle auquel le groupe Allemand se prépare, en embarquant avec lui des acteurs importants de la pêche, de l’aquaculture, et même quelques concurrents distributeurs (Kaufland, Lidl). La reconstitution de la chaîne de traçabilité complète exige de la part de ces entreprises qu’elles partagent un même langage de traçabilité. Ce langage commun s’appelle l’EPCIS.  C’est un standard GS1. Il autorise une gestion distribuée des informations de traçabilité. Toutes sont conservées dans des bases de données indépendantes mais… interopérables. Elles peuvent être mobilisées à tout instant, par le distributeur pour la mise en place de son rayon ; par le consommateur armé de son Smartphone ; ou… par un contrôleur pour s’assurer de la véracité des informations affichées.

Ainsi, à l’image du distributeur Allemand, plusieurs échos d’initiative de traçabilité globale du poisson,  autour du standard EPCIS, nous parviennent. En provenance d’Allemagne et de Suède donc, mais aussi de Norvège, de Finlande et des Pays-Bas. C’est que 2015, c’est déjà demain.

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